Voyage extraordinaire au pays du vibraphone : laissez-vous porter ! Article de Marie Noëlle
Dans ce nouvel album, toujours chez Cristal Records, Norbert Lucarain nous ouvre un peu plus grand les portes de son univers, à la découverte de ce titillant instrument qu’est le vibraphone. Il creuse, décortique, apprivoise et nous livre, loin de toute étiquette, le fruit de sa singulière passion.
Ce talentueux percussionniste/batteur, autodidacte au vibraphone, n’en finit pas de nous surprendre dans son riche parcours : aux côtés de Julien Lourau, puis Louis Winsberg ou Thomas Fersen, ou à bord de son propre trio, Norbert Lucarain assaisonne toujours ses époustouflantes prestations d’une bonne humeur et d’une énergie communicatives ! En témoigne sa récente nomination aux Djangos d’Or 2004 dans la catégorie Nouveaux Talents.
Il nous offre dans cet album une étonnante musique « trompe l’oreille », qui se déguste tout simplement : il suffit de se laisser porter et l’on pénètre dans un monde mystérieux et doux, où l’imaginaire vagabonde au gré de gammes fantastiques. Mais ne vous y méprenez pas : le maître des lieux est aussi bien un monstre de technique qu’un poète enchanteur…
Nous voici embarqués pour une croisière aux escales variées : rencontre avec de malicieux farfadets, des cascades de « fantôgammes », une claudicante marionnette, une reprise explosive de « Djaze » ou, pour terminer, une douce et envoûtante boîte à musique.
Une perle rare à découvrir sans plus attendre !
Vous êtes partants ? Alors, bon voyage !
www.norbert-lucarain.com
www.cristalprod.com
www.fnac.com
Marie-Noëlle
Du 23 février au 4 mai 2005 à la MEP
"J'ai commencé mon projet en 1999. La photographie était pour moi une sorte de bouée de sauvetage, une opportunité d'aller vers l'autre, de l'approcher. Je ne me suis même pas posé la question ; j'ai commencé par un portrait. C'était un prétexte pour vivre "autre chose", pour sonder les destinées humaines aussi distinctes qu'elles puissent être. Je suis allé chercher chez mes contemporains ; ceux que je croisais dans l'anonymat des grandes villes, des choses que je ressentais autour et en moi. J'ai également décidé de laisser parler mon inconscient en lui donnant libre cours." Pierre Gonnord

Jamais partie d'un corps n'aura autant suscité la fascination des hommes, d'un homme. Le visage est à lui seul un mystère, une chose sacrée. S'il appartient au corps, s'il ponctue le tracé d'une ligne, il est en même temps son extrémité insaisissable et autonome.
Au fil du temps, apparaît dans ces visages une seule et même continuité, un seul et même indice : celui de la fixité d'un regard. Figé devant l'appareil photographique, la traversée des miroirs optiques effectuée, l'être offre au photographe l'ultime récompense, celle d'abandonner une part de soi-même à l'autre, celle de découvrir dans le regard de l'autre, ses propres visions, sa propre histoire.

Gonnord ne se fait guère d'illusion sur celui que les grands photographes, au milieu du XXe siècle, pouvaient encore louer. Apothéose et limites ont depuis été atteintes.
Ses sujets appartiennent à une "cour des miracles" des temps modernes, laissés pour compte de la société, individus à la marge de la bienséance, derniers rebus à glorifier parce qu'ils vivent autrement.
Entre 1999 et 2005, Pierre Gonnord a cherché "ses contemporains". Des jeunes Japonais au "look" branché, fiers et arrogants parfois, Gonnord a poursuivi ses rencontres en s'éloignant des "Down Town", pour rencontrer des personnages "plus marginaux, moins préoccupés par leur image et de tous âges."
Au-delà de leur beauté singulière, ces "portraits-rencontres", pointent du doigt les changements de notre société (les métissages, l'évolution des modes de vie) et constituent un témoignage sincère sur la vie de nos contemporains.

Exposition présentée en collaboration avec la galerie Juana de Aizpuru de Madrid.
Si vous connaissez mal Ray Charles, courrez voir le film sur sa vie, RAY.
Je l'ai vu hier, j'ai été ému, j'ai bougé, j'ai pleuré, j'ai ri, j'ai été impressionné; bref, le film est réussi et on en sort différent comme à chaque fois après un long-métrage de qualité. La performance de Jamie Foxx est bluffante, l'histoire est bien menée, toujours rythmée par la musique du "genius". Moi qui ne connaissait pas beaucoup le personnage, cette biographie m'a donné envie de me plonger un peu plus dans sa musique, ce qui est bon signe.
SC
Isabel Munoz (ESPAGNE)
Rip Hopkins (FRANCE)
Claudine Doury (FRANCE)
Biographie de Bertrand Meunier (FRANCE)
Michael Ackerman (ETATS-UNIS)
Alain Bizos (FRANCE)
Olivier Coulange (FRANCE)
Bernard Descamps (FRANCE)
Denis Dailleux (FRANCE)
Bertrand Desprez (FRANCE)
José Manuel Navia (ESPAGNE)
Serge Picard (FRANCE)
Ian Teh (ROYAUME UNI)
Kadir Van Lohuizen (PAYS-BAS)
Michel Vanden Eeckhoudt (BELGIQUE)
Hugues De Wurstemberger (BELGIQUE)
Qu'elle soit associée à des projets de documentation ou qu'elle s'inscrive résolument dans le cadre d'une démarche artistique, la photographie a modifié le paysage des arts et de la communication visuelle. Dès le milieu du XIXe siècle, et malgré de nombreuses résistances de la part de leurs contemporains, des photographes se sont imposés comme des créateurs originaux et ont hissé la photographie au rang des arts. Aujourd'hui, la photographie est présente dans les grands musées internationaux et suscite l'attention de la critique et du grand public. Cette reconnaissance est indissociable de l'essor de la presse illustrée, des galeries spécialisées et de la culture photographique en général.
2 Le temps des pionniers (années 1820-1840)
| 2.1 | Niépce et l’héliographie |
Inventées vers 1824, les premières véritables photographies, appelées héliographies, sont réalisées par le physicien français Nicéphore Niépce. Il reproduit par ce moyen des gravures anciennes avant de parvenir, en 1827, à photographier le paysage qu'il voit de sa fenêtre. Cette première image ayant nécessité un temps de pose de huit heures, le cliché trahit notamment le parcours du soleil durant la journée de pose.
| 2.2 | Daguerre et le daguerréotype |
Après la mort de Nicéphore Niépce en 1833, son associé Jacques Daguerre poursuit avec succès les recherches et présente en janvier 1839 un procédé révolutionnaire, le daguerréotype. Cette méthode proposant des images de haute qualité a cependant un défaut majeur : elle ne permet pas de faire des copies des épreuves.
| 2.3 | Talbot et le calotype |
En 1835, l'inventeur britannique William Henry Fox Talbot réalise le premier négatif de l'histoire, une image représentant la fenêtre de la bibliothèque de Lacock Abbey. Il met ensuite au point un procédé photographique passant par un support négatif à partir duquel l'on peut obtenir un nombre illimité de tirages. Brevetée en 1841, cette nouvelle méthode, le calotype — plus tard rebaptisée talbotype — est le véritable ancêtre de la photographie actuelle. Cependant, la qualité de ce premier procédé « négatif-positif » ne peut encore rivaliser avec celle du daguerréotype qui reste le plus pratiqué.
| 2.4 | Popularisation des procédés photographiques |
| 2.4. | 1 | Évolution de la photographie sur verre |
En 1847, le physicien français Claude-Félix Abel Niépce de Saint-Victor (neveu de Nicéphore Niépce) communique à l'Académie des sciences un procédé de photographie sur verre. Les négatifs sur plaque de verre (enduites d’albumine) produisent des images d'une grande définition, mais leur faible sensibilité ne permet guère de faire des portraits. Puis en 1851, le Britannique Frederick Scott Archer, sculpteur et photographe amateur, introduit le procédé au collodion humide sur plaque de verre. Le temps de pose variant de 10 à 30 secondes, le collodion est alors largement utilisé par les portraitistes de studio. Enfin, en 1871, Richard Leach Maddox a l'idée de substituer de la gélatine au collodion afin d'accroître la sensibilité des plaques. Les plaques au gélatino-bromure sont environ quarante fois plus sensibles que celles au collodion humide. La voie de la photographie « instantanée » est ouverte.
| 2.4. | 2 | Noir et blanc / couleur |
Au début du XXe siècle, les progrès de la photographie en noir et blanc permettent au grand public de maîtriser des procédés de plus en plus complexes. Les premiers supports couleur commercialisés, des plaques de verre appelées Autochromes Lumière — d'après le procédé mis au point par les frères Auguste et Louis Lumière —, sont disponibles en 1907. Puis l'apparition de la pellicule couleur Kodachrome (1935) et de la pellicule Agfacolor (1936), qui permettent toutes deux d'obtenir des diapositives, marque le début de la grande popularité des pellicules couleur.
| 3.1 | La place de la photographie dans les arts |
| 3.1. | 1 | Une concurrente à la peinture |
À ses débuts, la photographie est surtout considérée comme un substitut au dessin et à la peinture. Preuve en est, la fructueuse collaboration entre le peintre écossais David-Octavius Hill et le photographe Robert Adamson, qui mettent la photographie au service des arts. De 1843 à 1847, les deux artistes élaborent une fresque photographique de grande envergure qui sert d'étude préparatoire au tableau représentant les 450 délégués de la convention ayant fondé l'Église libre d'Écosse. Leur association donne lieu à la réalisation d'environ 1 800 calotypes. Ces photographies sont aujourd'hui considérées comme une remarquable étude de la psychologie et de la vie de l'époque.
En 1856, le photographe d'origine suédoise Oscar Gustav Rejlander a l'idée de constituer à partir de plusieurs négatifs différents un tableau photographique mettant en scène plus de 20 personnages. Comme il est alors d'usage, Rejlander aborde la photographie en y transposant une esthétique et des thèmes issus de la peinture. Quant au photographe britannique Henry Peach Robinson, il élabore des études de composition où la photographie est associée au dessin. Sa compatriote Julia Margaret Cameron, contrairement à de nombreux photographes de son époque, a une prédilection pour les mises au point approximatives, les prises de vue très rapprochées et les éclairages contrastés. Mais surtout, elle prise les thèmes allégoriques et les poses maniéristes, qui sont également privilégiés par certains peintres contemporains. Les œuvres de Cameron annoncent, à bien des égards, les propositions des photographes pictorialistes au tournant du siècle.
En France, l'œuvre de Félix Nadar, ancien caricaturiste, se distingue des images réalisées par les photographes de studio professionnels. Photographiés contre un fond uni avec un éclairage diffus faisant ressortir les détails, ses portraits constituent de véritables enquêtes psychologiques et non pas de simples marchandises. Cependant, la photographie a encore quelques difficultés à trouver ses lettres de noblesse à la fin du XIXe siècle. Ainsi, l’écrivain Villiers de l’Isle-Adam regrette que « la photographie [soit] arrivée bien tard. N’est-il pas désespérant de songer aux tableaux, portraits, vues et paysages qu’elle eût recueillis et dont le spectacle est à jamais détruit pour nous ? »
| 3.1. | 2 | Un précurseur du cinéma |
En 1878, les travaux photographiques d’Eadweard Muybridge permettent une première décomposition du mouvement. En 1881, il met au point un zoopraxiscope, un projecteur lui permettant de recomposer le mouvement — courses de chevaux, vols d'oiseaux ou compétitions sportives — à travers la vision rapide et successive de ses phases décomposées. Cette découverte place Muybridge parmi les précurseurs du cinéma. À sa suite, le Français Étienne-Jules Marey cherche à perfectionner le protocole technique de Muybridge. Il invente ainsi un fusil photographique (1882) et un appareil à plaque fixe, puis à pellicule mobile (1890), dont il parvient en 1893 à projeter les images décomposées.
| 3.2 | Les premiers mouvements photographiques |
En 1853, le Britannique Roger Fenton fonde la première société photographique : la London Photographic Society, qui devient la Royal Photographic Society en 1894. L’année suivante (1854), la Société française de photographie (SFP) est créée, notamment sous l’impulsion des photographes Gustave Le Gray et Hippolyte Bayard.
| 3.2. | 1 | Le pictorialisme |
Désireux de rivaliser avec la peinture — en particulier avec les impressionnistes —, le pictorialisme s’empare de la technique photographique, qui s’est considérablement simplifiée et démocratisée dans le dernier tiers du XIXe siècle, pour inaugurer l’ère de la photographie artistique. Son intention n’est pas de produire une représentation scientifique ou documentaire de la réalité mais de s’en écarter, parfois même jusqu’à l’abstraction, en utilisant et en interprétant les formes disponibles dans la nature pour faire naître l’émotion artistique.
L’une des caractéristiques principales du mouvement est la part d’intervention revendiquée par les pictorialistes au moment de la prise de vue et du tirage. En effet, le sujet photographié n’est qu’un élément constitutif de l’image finale, qui doit toute sa valeur aux modifications apportées par le photographe. Certaines techniques — tel le sténopé reposant sur l’emploi d’une fine plaque métallique percée d’un trou en guise d’objectif — permettent l’obtention d’un flou parfois généralisé à l’ensemble du cliché et caractéristique de l’esthétique pictorialiste.
| 3.2. | 2 | Le mouvement Photo-Sécession et la photographie pure |
Le mouvement Photo-Sécession est fortement influencé par le pictorialisme dont il est issu. Son fondateur, le photographe américain Alfred Stieglitz, oppose au courant dominant la straight photography (« la photographie pure », proposant un rapport au monde plus direct). Défendant toutes les tendances d’avant-garde, il crée en 1902 le mouvement Photo-Sécession, qui élève irrémédiablement la photographie à une forme artistique. Cependant, ses premières images, comme celles de son ami Edward Steichen, se caractérisent par des effets de flou, des frottés, des surépaisseurs de matière, par toutes sortes d'opérations manuelles susceptibles de sacrifier des détails et d'estomper les contours des formes. Ce n’est que dans les années 1910 que les deux straight photographers privilégient la netteté de l'image et la restitution des détails.
Il s'agit, comme le souligne Paul Strand qui rejoint bientôt le mouvement, de libérer « la photographie de la domination de la peinture ». Parmi les membres du groupe se trouvent également Gertrude Käsebier et Clarence White. Malgré la dissolution du groupe dans les années 1910, Edward Stieglitz continue à parrainer de jeunes talents en les exposant dans la Gallery 291 : Paul Strand, Edward Weston, Ansel Easton Adams et Imogen Cunningham. Entre 1903 et 1917, l’organe luxueux de la Photo-Sécession est la revue Camera Work.
| 3.3 | La naissance des genres photographiques |
| 3.3. | 1 | La photographie documentaire |
Entre 1850 et 1880, l'évolution des possibilités techniques suscite l'engouement pour les expéditions. Les photographies de monuments, de sites archéologiques, de paysages et d'habitants de pays souvent éloignés fascinent les contemporains, déterminés à conquérir le monde par le regard. Ainsi, l’Américain Edward S. Curtis enregistre méticuleusement à partir de 1887 les coutumes religieuses et sociales des Indiens d’Amérique du Nord. Il publie ses travaux entre 1907 et 1930, sous le titre






























































































































