
18 mai - 18 septembre 2005
Cette rétrospective majeure, dont le commissariat est assuré par Val Williams, retrace la carrière de Martin Parr, l'acteur le plus important et le plus novateur du monde de la photographie sociale anglaise d'aujourd'hui.
L'exposition comprend 150 œuvres et quelques installations. Elle souligne le regard ludique, provocateur, et incisif de Parr. Cette exposition dévoile une sélection d'œuvres peu connues en noir et blanc, créées à West Yorkshire et Greater Manchester dans les années 70. Dans les années 1980, Parr a produit plusieurs séries en couleurs telles que "The Last Resort" et "The Cost of Living", qui lient de manière étonnante sa conscience politique croissante et son intérêt pour les sujets ordinaires et quotidiens. Cette sélection comprend également des projets plus récents tels que "Common Sense" (1999) et "Cherry Blossom" (2000).
Exposition produite par The Barbican Art Center à Londres, The National Museum of Photography, Film & Television à Bradford, en collaboration avec Magnum Photos.
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18 mai - 18 septembre 2005
Pionnier dans le monde de l'impression numérique, David Adamson est considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs imprimeurs digitaux au monde.
Il commence sa carrière en tant que lithographe pour Petersburg Press à Londres, avec des artistes tels que David Hockney, Henry Moore, Claes Oldenburg, et James Rosenquist. Une bourse le conduit aux Etats-Unis, à l'institut Tamarind, au Nouveau-Mexique. Il établit peu de temps après son propre atelier de lithographie à Washington, DC, mais, fasciné par la technologie informatique qui apparaît au milieu des années 80, il commence un long travail de recherche sur les nouvelles technologies. Profitant de son expérience dans l'impression artistique traditionnelle, il fonde un des premiers ateliers d'impression numérique au monde.
Cette exposition présente les portfolios de onze des plus grands artistes contemporains : François-Marie Banier, Jim Dine, Chuck Close, Adam Fuss, Jenny Holzer, Robert Longo, Jack Pierson, Robert Rauschenberg, Victor Schrager, Donald Sultan, Wiliam Wegman.
Les Trans transformées
Il aura fallu le regard d'un homme d'exception, Jean-Luc Montérosso pour transformer les Transphotographiques qui se cherchaient depuis 2001, en un festival international d'envergure.
Lille, la capitale Européenne 2004, présente une commande passée à William Klein avec 25 portraits; elle accueille également "Désordre" une œuvre de George Rousse et expose pour la première fois en France, "Le Corps aujourd’hui, histoire d’une métamorphose", une sélection particulière de la collection de la Maison Européenne de la Photographie.
Transphotographiques
Lille 2004
Le Festival des Transphotographiques 2004 se déroule du 15 mai au 15 juin sur le thème de la "Transformation".
Le festival « Transphotographiques » a été lancé à Lille en 2001 avec l’ambition de créer un événement majeur de la région Nord-Pas de Calais.
La prochaine édition dont la programmation et l’organisation sont renforcées avec le concours de Jean-Luc Monterrosso, Directeur de la Maison Européenne de la Photographie et fondateur du « Mois de la Photo à Paris » qui assume la direction artistique de la manifestation.
Sous sa houlette, les « Transphotographiques » 2004, articulées autour du thème de la « transformation », compteront des photographes de renommée mondiale tels que William Klein, Sebastiao Salgado, Richard Avedon, Georges Rousse ou encore Bettina Rheims qui seront exposés à Lille et sa région : Croix, Valenciennes, Noeux les Mines jusqu’en Belgique à Courtrai.
Corollaire d’un tel festival, le programme « off », devrait permettre à de jeunes artistes de présenter leurs œuvres lors d’une cinquantaine de temps forts (expos, projections et rencontres) accueillis non seulement dans les villes déjà citées mais encore à Arras ou à Calais où les chalets de plage constitueront un lieu d’exposition pour le moins original…
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Aujourd’hui, sous le coup d’une profonde mutation, en particulier celle du numérique, l’art de Nièpce se remet en question. Il n’enregistre plus seulement le réel, mais le met en scène ou le produit. En inscrivant la thématique de la transformation au coeur des « Transphotographiques », il s’agit, à travers une dizaine d’expositions, de dégager les deux arrêtes vives de la photographie contemporaine, à savoir sa fonction de témoignage et son propre questionnement.
C’est à partir de la prestigieuse collection de la Maison Européenne de la Photographie que le programme officiel du festival a été élaboré. Sebastiao Salgado avec « La main de l’homme », Bettina Rheims et ses « Modern Lovers », Georges Rousse et quelques unes de ses anamorphoses, mais aussi Orlan, Catherine Ikam ou Aziz + Cucher illustreront, à travers leurs oeuvres, ce thème foisonnant et paradoxal.
Comme il se doit, et à l’occasion de « Lille 2004, capitale européenne de la culture », les « Transphotographiques » offrent une carte blanche à un grand photographe. William Klein a accepté de donner le « la », sous la forme d’une création originale, en réalisant une série de vingt-cinq portraits grand format de ceux qui font bouger Lille : acteurs culturels, politiques et économiques ou de la société civile. Rayonnant sur toute la région, les « Transphotographiques » tenteront ainsi, une fois encore, de mettre en résonance images et création.
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- Salle du conclave – Palais Rihour
Du 15 Mai au 15 Juin
Palais Rihour, place Rihour – Lille. Ouvert du lundi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 18h. Le dimanche de 10h à 17h
Vernissage : 15 Mai – 16H00
Peter Lindbergh, disait de William Klein : « Il réussit à casser les rythmes et à ne jamais s’enfermer dans un système. Lui seul est capable d’une telle modernité ».
En lui confiant une commande pour cette année 2004, Les Transphotographiques innovent.
Associer le talent incontestable d’un artiste qui a marqué toute une génération dans le monde entier, à une réalité régionale simple, touchante, humaine : celle d’un territoire en pleine mutation, animé par la volonté commune d’acteurs de toutes sortes, qui participent chaque jour au développement de leur région.
Des artistes, des chefs d’entreprise, des journalistes, médecins, avocats, des personnalités politiques, se sont ainsi retrouvés pendant une semaine en avril 2004, sous l’œil de William Klein, en groupe, dans le studio Lillois I’Magic, pour participer à un projet surprenant.
Vingt-cinq groupes sont aujourd’hui photographiés, comme retenus par le temps, et se présentent au regard des visiteurs, par des images graphiques, dynamiques, émouvantes, parfois drôles et provocantes, mais qui toutes ensemble forment une exposition particulièrement vivante et actuelle.

- Abbaye de Groeninge - Courtrai
Du 15 Mai au 15 Juin
Groeningestraat - Courtrai. Ouvert tous les jours de 14h à 18h. Fermé le lundi
Tel : 0032.56.24.08.70
Vernissage : 3 Juin – 19H30
« Un soir de septembre 1989, à la fin d’un casting, une grande fille brune aux cheveux courts est entrée dans le studio. Elle m’a troublée autant par son physique que par son comportement.
J’avais auparavant l’habitude de choisir un certain type de filles très féminines, et ne prêtais plus guère attention aux autres.
Josie avait un visage de jeune garçon. Elle bougeait, elle parlait aussi avec une sorte d’indifférence agressive, comme un adolescent. Son ample blouson dissimulait ses formes. Je ne m’expliquais pas mon trouble. Je l’ai photographiée, sans maquillage, nue, de profil les mains sur les seins.
J’ai photographié quelques jours plus tard, un garçon très doux, aux longs cheveux de fille, d’une beauté remarquable. En posant les images côte à côte, j’ai eu l’idée des Modern Lovers.
(...)
Mes modèles, je les choisissais avant tout jeunes et beaux, pour ne pas tomber dans le pathétique. Je voulais photographier des anges. L’important pour moi était de faire les images les plus plates possible. (...)
Il y avait un moment, un seul, où ils devenaient homme et femme à la fois. J’avais juste le temps d’appuyer sur le bouton avant que cette impression ne disparaisse.
Je crois que c’est le travail le plus précis que j’ai jamais réalisé. Les choses se passaient en une fraction de seconde. Et quand je fixais les modèles dans cette lumière plate, j’avais le sentiment d’épingler des papillons sur du liège. C’était comme si je les prenais au piège. En réalité, il s’agissait d’une sorte de piège, oui, parce que je les emportais beaucoup plus loin que l’image qu’ils connaissaient d’eux-mêmes. D’une certaine façon, je les complétais. Je les conduisais trop vite jusqu’à un état qui se dessinait alors en eux, qu’ils n’atteindraient sans doute jamais. »
Bettina Rheims, juillet 1990, in « Modern Lovers », Editions Paris Audiovisuel
Cette exposition a été présentée pour la première fois au Musée de Charleroi en 1990 et à la Maison Européenne de la Photographie, à Paris, en novembre 1990.
- Eglise Saint Maurice Du 15 Mai au 15 Juin
Parvis St Maurice - Lille. Ouvert le lundi de 13h à 18h. Du mardi au samedi 10h-12h et 13h-18h. Le dimanche de 15h à 18h30
Vernissage : 5 Juin – 16H00
Sebastiao Salgado est né au Brésil en 1944. Il vit aujourd’hui à Paris. Economiste de formation, c’est à 29 ans qu’il commence sa carrière en tant que photographe. Après un court passage à l’agence Sygma, puis à Gamma, il entre en 1979 à Magnum qu’il quitte en juin 1994. C’est alors qu’il crée, avec sa femme Lelia, Amazonas Images, agence exclusivement vouée au travail de Salgado. Attiré par les reportages humains et sociaux, Sebastiao Salgado consacre des mois, voire des années, au développement d’un thème. Pour son livre « Autres Amériques », il voyage pendant six ans en Amérique Latine afin de se documenter sur la vie des paysans, puis il rencontre la tragédie de la sécheresse dans les pays africains du Sahel, qui donne lieu à plusieurs expositions et publications. En 1993, il publie en sept langues un livre magistral de 400 pages « La Main de l’Homme », dont sont extraites les images qui constituent l’exposition à l’église Saint-Maurice. Comme il l’écrit en exergue de son livre, « ces images sont un hommage aux travailleurs, l’adieu à tout un monde qui est en train de disparaître lentement, un tribut à ces hommes et à ces femmes qui travaillent encore avec leurs mains, comme ils l’ont fait pendant des siècles ». De 1993 à 1999, Salgado se lance dans une vaste entreprise qui consiste à photographier les mouvements des populations dans le monde. En l’an 2000, ce travail donne lieu à la publication d’ « Exodes » et des « Enfants de l’Exode », deux ouvrages accompagnés d’une grande exposition qui est présentée pour la première fois à Paris, à la Maison Européenne de la Photographie.

Maison de la Photographie Du 15 Mai au 15 Juin
18, rue Frémy - Lille. Ouvert tous les jours de 9h à 18h. Le dimanche de 14h à 17h
Vernissage : 14 Mai – 18H30
Transformer un espace, mais aussi transformer notre perception de cet espace, tel est l’un des enjeux esthétiques de l’oeuvre de Georges Rousse, artiste difficilement classable, car il convoque simultanément la photographie, le dessin, la peinture, la sculpture et l’architecture. Les stratégies perspectivistes et anamorphiques l’aident à remettre en question nos certitudes et nos habitudes perceptuelles. Georges Rousse est un grand voyageur. Il a travaillé au Japon, au Québec, aux USA, dans toute l’Europe et au Moyen Orient.
A la Maison de la Photographie de Lille, il a souhaité créer une oeuvre in situ. Comme à son habitude, privilégiant des lieux voués à la destruction ou en pleine transformation, il crée des volumes et des formes reconstruisant un univers. La beauté côtoie ainsi, l’espace d’un instant, la perdition, le déchu, l’inachevé. Le déclic photographique fait le reste. Sur la pellicule argentique vient s’inscrire, indélébile, la trace éphémère de cet artiste rigoureux et iconoclaste.
Sur le thème récurrent de l’escalier (présent dans une vingtaine d’oeuvres au moins, de 1980 à aujourd’hui), on trouvera, comme en écho de l’oeuvre in situ, une pièce réalisée à New York en 1983.
Une dizaine d’autres oeuvres, choisies dans la collection de la Maison Européenne de la Photographie, viennent illustrer sa démarche et son itinéraire.
A travers l’installation présentée à la Maison de la Photographie, Georges Rousse propose de nous faire pénétrer de façon onirique dans un espace semi-industriel.
Ce travail sur l’escalier, réalisé en avril 2004, complètera de façon originale l’exposition « Elévation».
- Palais des Beaux Arts - Du 15 Mai au 15 Juin
Place de la République - Lille. Ouvert le lundi de 14h à 18h, du mercredi au dimanche de 10h à 18h. Le vendredi jusque 19h. fermé le mardi.
Vernissage : 12 Mai – 18H30
Les musées s’agrandissent et se rénovent. Sanctuaires de l’art, mais aussi lieux de rassemblement, ils sont devenus aujourd’hui les nouvelles cathédrales. Témoins de cette mutation, les photographes mémorisent, au jour le jour, les différentes phases de leurs transformations. Jean-Christophe Ballot, architecte d’origine, photographie le Louvre en pleine rénovation, Patrizia Mussa enregistre la reconstruction d’une des ailes du Castello di Rivoli, près de Turin, qui abrite une des plus importantes collections d’art contemporain en Italie, et Jacques Quecq d’Henripret, la récente modernisation du Palais des Beaux Arts de Lille. Une centaine d’oeuvres, au delà du document, nous restituent les traces d’un passé récent, et nous font revivre, à travers un regard et une sensibilité toujours en éveil, la mue souvent surprenante de ces prestigieux bâtiments.
• Jean Christophe Ballot « Le Louvre »
Par le compagnonnage d’une décennie entre un artiste et un lieu, c’est une aventure constructive, mais aussi un grand projet de l’Etat, qui nous sont restitués, dans la beauté parfois presque tragique des saignées percées dans les murs du vieux musée, ou la rudesse des travaux de terrassement et de consolidation de l’actuel niveau public gagné sous la grande pyramide de Pei.
Mesure du temps passé ; miroitement des emballages de plastique répondant aux dorures des salons Napoléon III; appareillage rustique des anciens murs contrastant avec la régularité des banches du soubassement du nouveau Grand Louvre ; mise à nu, dans la salle des Etats accueillant l’épopée de Catherine de Medicis transcendée par les pinceaux de Rubens, des moulures de marbre créées en 1953 par l’architecte Jean-Charles Moreux…
Ce regard à la fois contemplatif et analytique, Jean-Christophe Ballot le doit peut-être à sa formation initiale d’architecte : « Etre architecte, même si l’on n’a jamais construit, c’est avoir un rapport, un regard particulier à l’espace. Une fois qu’on a porté ce regard, on peut le raconter. Un espace est porteur d’une histoire. Il ne se passe rien, mais il y a un contenu. Mes acteurs à moi, ce sont les volumes, la lumière, les traces.»
Mise en abyme
Mais l’intérêt de ce travail n’est pas purement documentaire, quand bien même il porte témoignage de la vie mouvementée de ce véritable palimpseste qu’est le nouveau « Grand Louvre ». Par-delà la trace d’instants de destruction/reconstruction d’un ensemble monumental dont chaque recoin est un condensé d’histoire, il s’agit aussi de la vision d’un artiste sur un lieu qui prend lui-même une valeur de pièce – monumentale – de musée. Il y a ici création d’une œuvre sur l’œuvre, une sorte de mise en abyme du work in progress que constitua ce grand chantier. L’exposition faillit même s’appeler un temps, « Le Louvre de Jean-Christophe Ballot » : il ne faut pas y voir l’indice d’une volonté d’appropriation, mais bien plutôt le signal d’un regard sur une œuvre, qui a fait son tour œuvre.
Guillemette Morel - Journel
Texte publié dans le numéro 136 de la revue AMC en septembre 2003.
• Patrizia Mussa « le château de Rivoli »
L’architecture a inspiré à Patrizia Mussa ses plus belles images.
Théâtres d’Italie et d’ailleurs, Châteaux Baroques, architectures des cafés, abattoirs, … tous ces lieux ont été photographiés, capturés, saisis, révélés par son regard comme s’ils étaient des humains. “ L’âme, la vérité d’un lieu c’est sa lumière”, dit Patrizia.
Pendant plusieurs années elle a fixé de son oeil rigoureux et tendre, les heures, les saisons, la respiration, l’écriture du temps sur cette sublime forteresse inachevée qu’est le Château de Rivoli. Ecouter la lumière c’est l’objectif de Patrizia Mussa.
Musée hors du commun où l’art contemporain présenté participe du génie du lieu, le château de Rivoli impose sa masse inachevée à un site ouvert sur fond d’Alpes et de ville. Andrea Bruno a exalté les dimensions colossales d’une architecture baroque qui se voulait terribile.
L’architecte a choisi de fixer l’état actuel de l’édifice, tout en révélant les différentes strates des époques successives, plutôt que de le compléter selon le projet de Filippo Juvarra ou de procéder à des adjonctions contemporaines.
”Je voudrais d’abord parler de l’immensité de ce bâtiment. Elle est liée à toute l’histoire de la ville de Turin qui surgit brusquement à la fin du XVIIème siècle.
Tout ce projet a impliqué une recherche du colossal. Les palais de la fin du XVIIème siècle de la ville de Turin ont des proportions exceptionnelles. Les façades comme celles de Juvarra, ont des fenêtres plus grandes que nature, les façades de Guarini ont des proportions impressionnantes. Le château de Rivoli est construit dans cet esprit-là. C’est un château qui est fait pour des gens plus grands que la taille normale.
C’est un bâtiment classique d’un romantisme extraordinaire. On voit bien toutes ces arcades inachevées: c’est du Piranèse qui est réalisé.
Michel Butor
• Jacques Quecq d’Henripret « Palais des Beaux Arts de Lille »
Cette exposition de photographies est l’illustration de l’ordre et du chaos, et de leur mise en miroir.
L’ordre et le cristal, « Cristal Palace », arêtes dures, beau bâtiment du 19éme, (musée, mais où logent les muses ?) royaume du géométrique, prismes des bâtiments, parallélépipèdes, pyramides, dômes, niches, encorbellements, voussures et perspectives.
Cet ordre intangible, on l’aurait cru, ce cristal dur, livré pour un moment aux protubérances céphaliques daliniennes des architectes, ossatures gardées, squelettes à jour mais sols défoncés, murs éclatés, escaliers de marbre effondrés, plafonds crevés.
Et mon regard scanner, camera obscura sur l’épaule (alors que je viens ici pour photographier le chaos par fragments (ces petites choses fragiles élaborées depuis l’aube des temps par le mental mou des hommes) stockés dans ces immenses réserves, citernes du temps, exhumation fugitive pour la photographie…) je mitraille les trous, les traces, les boues, gravats, déchets, le travail des hommes à l’intérieur du cristal, les hommes fourmis et les machines insectes pelleteuses et bulldozers, muscles d’acier, grues et taureaux mécaniques, camions et wagons au fer tanné de chocs.
J’ai photographié donc l’ordre du cristal livré au chaos des machines et des hommes.
Et puis le chaos… qui habite le cristal, le chaos de toutes les productions que le mental a pu imaginer… œuvre peine, sculptée, dessinée, tous les délires de la cervelle éclatée, tous les illuminés incohérents des siècles passés, ces choses fragiles, minuscules – qui devraient être éphémères sans les jardiniers du temps – pratiquement périssables, maintenues en survie, mais en vie. L’expression de toutes les ruses du mental avec le pouvoir pour malgré tout exprimer le désir, la luxure, le sexe, la souffrance, la misère, la mort, la bouffe, la jalousie, la terreur, le cauchemar, mais le rêve, l’harmonie, la géométrie, le plaisir, bonheur : la VIE.
Tout ça, photographié en vrac dans ces réserves, citernes du fantasme, avant que le regard savant ne tente d’y mettre « bon ordre », évolution, continuité, cohérence : l’HISTOIRE DE L’ART… structuration, rigidification.
Mais tout est mental, oh miracle !
Des confrontations des deux corpus photographiques, celui de la transformation et de la conservation, jaillit du sens :
C’est de cela dont il s’agit dans cette exposition.
Jacques Quecq d’Henripret

À travers la collection de la Maison Européenne de la Photographie.
Du 15 Mai au 15 Juin
32, rue de la Monnaie - Lille. Ouvert le lundi de 14h à 18h, du mercredi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h, le samedi et le dimanche de 10h à 18h. Fermé le mardi
Vernissage : 21 Mai – 18H30
Le corps est omniprésent dans la création artistique contemporaine. Sujet esthétique, mais aussi enjeu politique, il joue et se joue des ambiguïtés de son statut. Reflet des modes et révélateur du social, il reste aussi le dernier refuge de l’intime.
Voilà pourquoi depuis des décennies, les artistes n’ont eu de cesse de se l’approprier. Du body art des années 70, qui fait du corps le matériau premier de l’art, à la fascination clonique d’aujourd’hui à travers le virtuel et les avatars de l’auto-représentation, l’exposition, réalisée à partir des collections de la Maison Européenne de la Photographie, retrace l’histoire récente de ces métamorphoses.
Du 15 Mai au 15 Juin
11, rue St Jacques Passage Guiterne - Lille. Horaires d’ouvertures
Vernissage : 25 Mai – 19H00
Dans le très bel espace de l’agence Graphèmes, ancien grenier à sel, est présentée une sélection de vidéos d’artistes issues de la vidéothèque de la Maison Européenne de la Photographie. Sur le thème de la transformation, illustrées par les différentes expositions, ces Transvidéographies offrent un complément indispensable : des inédits de Pierre Molinier se filmant lui-même, un entretien étonnant de Cindy Sherman en journaliste, mais aussi « la Messe pour un corps » de Michel Journiac ou la « Carte du Tendre » d’Annette Messager. Sous réserve, seront diffusées également des vidéos de Jürgen Klauke, Marta Rosler, Pierrick Sorin et Gilbert and Georges.

Du 15 Mai au 15 Juin
Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 17h. Le samedi de 8h à 12h
Place Roger Salengro – Lille
Vernissage : 27 Mai – 18H30
Production Ville de Paris / Fondation Hachette / Transphotographiques
NOTICES SUR LES TRAVAUX RÉALISÉS ET LES PHOTOGRAPHES (par Gabriel Bauret)
• Samuel Bollendorff - Tallinn, Estonie - « Entre chien et loup »
Lorsque Samuel Bollendorff arrive en Estonie, l’hiver est proche, le froid est déjà là, la neige est tombée à certains endroits, les journées sont courtes. Le photographe restitue ainsi l’atmosphère qui enveloppe la ville à
la tombée de la nuit, lorsque les dernières lueurs vont disparaître derrière un mouvement de lumières et de couleurs artificielles. Et puis le silence s’installe.
Né en 1974, Samuel Bollendorff est membre du collectif L’Oeil Public. Ses travaux sont régulièrement publiés, notamment dans le magazine Elle. Ils portent sur des univers tels que l’hôpital, l’école et la prison ; ils interrogent la place des individus au sein de ce type d’institutions. La qualité de son travail sur l’hôpital sera notamment remarquée dans le cadre du festival Visa pour l’Image de Perpignan en 2001. Cette même année, il est lauréat (prix spécial) de la Fondation Hachette. Il va développer son travail sur la santé dont il présente un ensemble significatif en mars 2004, à Paris, sous la forme d’une exposition ayant pour titre « Silence ». Il considère avant tout la photographie comme instrument de réflexion politique.
• Sarah Caron - Nicosie, Chypre - « À minuit »
Sarah Caron photographie une jeunesse qui ressemble presque en tous points à celle des autres pays européens. Mais celle-ci paraît vouloir également envisager son avenir en ignorant les conflits entre les Grecs et les Turcs qui ont marqué les générations antérieures. Aujourd’hui, l’entrée de Chypre dans l’Europe accélère ce processus, c’est-à-dire altère la mémoire et gomme les identités.
Née à Aix-en-Provence en 1970, Sarah Caron entreprend ses premiers reportages importants en 1996. Elle travaille notamment à Cuba, sur différents thèmes : économie, politique, religion. Le magazine Géo publiera
l’un de ses reportages sur Cuba en 2001. En 1998, elle se rend en Inde où elle retourne l’année suivante. Les reportages qu’elle y effectue seront largement diffusés dans la presse française et étrangère. Elle entre en 1999
à l’agence Vu, dont elle est membre jusqu’en 2003. En 2000, elle participe à la commande du ministère de la Culture sur « La jeunesse en France en l’an 2000 » ; elle est également lauréate (prix spécial) de la Fondation Hachette, pour un sujet sur l’architecture traditionnelle du Japon, et travaille à Srebrenica, en Bosnie, sur les conséquences de la guerre. Elle figure au programme du festival Visa pour l’Image de Perpignan en 2000 et 2002, ainsi qu’à celui de Chroniques Nomades de Honfleur, en 2003.
• Jean-François Castell - La Valette, Malte - « Une ville solennelle »
Le parti pris qui consiste à utiliser verticalement le format panoramique est assez inhabituel. Pour Jean-François Castel, il s’agit d’une expérience inédite ; mais en fin de compte, cette façon de regarder la ville, de donner
la sensation d’une architecture très élancée, correspond bien à la réalité d’une cité fortifiée qui s’est développée en hauteur, du fait qu’elle a été construite sur deux petites collines.
Jean-François Castell est né en 1967 à Ostende. Il commence à photographier en 1990. Il collabore en tant que reporter à l’agence Wostok Press et traite de sujets qui concernent surtout l’est de l’Europe. Il travaille en
ex-Yougoslavie. En 1994, il est lauréat de la Fondation Hachette pour un reportage de fond sur les cités françaises, puis américaines, autour de ce qu’il nomme la « Génération Basket ». À partir de 1997, il entame un travail sur le thème du nomadisme en France. Il suit une famille qui se déplace en roulotte et ce reportage aboutira à la publication d’un ouvrage intitulé « Le Chemin de Papa », qui paraît en 1999. Les images seront largement diffusées dans la presse et obtiennent plusieurs prix, en France et à l’étranger. De cette expérience avec cette famille, il tire également un film documentaire en 2000, qui s’enrichit d’autres réalisations sur le thème de l’itinérance, l’amenant entre autres à aborder la réalité européenne.
• Yann Charbonnier - Prague, République Tchèque - « Prague, c’est un théâtre »
Yann Charbonnier découvre Prague en septembre 2003. Il parcourt alors la ville tout en étant très imprégné du monde de Kafka. À chacun de ses trois séjours, il ressent le même poids du passé, de l’histoire. Il essayera dans son travail de se détourner du caractère très photogénique de la ville ; ce qui explique sans doute le choix des sujets assez inattendus qu’il va photographier.
Yann Charbonnier est né à Angers, en 1964. Il part pour les États-Unis où il sera tireur dans le Montana (1982), puis assistant à New York (1983). De retour en France, il travaille encore comme assistant à Paris, avant de devenir lui-même photographe, en 1989. Il collabore avec le quotidien Libération et l’agence Vu. Il est lauréat de la Fondation Hachette en 1991, pour un reportage qu’il entreprend sur les rapports de l’homme avec l’animal et qu’il poursuit jusqu’en 1994. De 1996 à 1998, il voyage en Asie. Puis son intérêt se déplace vers la nature : il entreprend un travail sur ce thème qu’il achèvera en 2001. Au cours des deux années suivantes, il s’intéresse au théâtre. Il expose régulièrement à la galerie Karsten Greve.
• Matias Costa - Budapest, Hongrie - « Tous à l’eau »
En quelques images, Matias Costa campe un décor, celui des thermes auxquels Budapest est si étroitement associée. Puis il nous entraîne au plus près de ses célèbres joueurs d’échecs, ou encore des habitués de l’endroit qui jouissent de cette atmosphère si particulière: la vapeur qui enveloppe le lieu et l’impression que celui-ci est coupé du reste de la ville.
Né en 1973 à Buenos Aires, Matias Costa vit aujourd’hui à Madrid. Ses reportages sont distribués par l’agence Vu depuis 1999. Cette même année, il est lauréat de la Fondation Hachette pour un reportage sur les mouvements d’émigration de l’Afrique vers les grandes villes européennes. Il poursuit ce reportage dans la région de Gibraltar, ce qui lui vaudra un premier prix du World Press Photo en 2002. Une fondation espagnole lui apporte également une aide sur ce sujet. Il s’est intéressé aussi au sort des enfants au travail et participe à un livre publié par les éditions Le Collectionneur, intitulé « Éclats d’enfance ». Depuis 1993, il collabore à de nombreux titres de la presse espagnole, notamment El Pais et El Mondo, et expose régulièrement son travail.
• Tiane Doan na Champassak - Bratislava, Slovaquie - « Méli-mélo »
La vision que Tiane Doan na Champassak donne de Bratislava s’inscrit en totale rupture avec les thèmes à dominante sociale que le photographe a l’habitude de traiter. Il a choisi d’aborder la ville à travers des éléments d’architecture plutôt insolites qui ponctuent le paysage urbain et s’élancent dans le ciel. Écartant de ce fait presque toute référence au patrimoine historique de cette capitale.
Tiane Doan na Champassak est né en 1973 à Puyvert, dans le Luberon. Il est membre de l’agence Vu. Il réalise ses premiers reportages, à partir de 1993, en Haïti, Afrique du Sud, Russie et Roumanie : c’est là qu’il photographie les gitans dans le cadre d’un projet sur le thème de la diaspora qu’il poursuit en France, Bulgarie, et en Inde où il retourne régulièrement. Il y réalise des reportages sur des thèmes différents : société, économie, santé, religion. Son travail sur les cérémonies de « Kumbh Mela » est consacré en 2001 par le prix Single Picture du World Press Photo, et exposé cette même année dans le cadre du festival Visa pour l’Image à Perpignan. C’est également pour un travail sur l’Inde et les Roms qu’il a été lauréat de la Fondation Hachette en 1997.
• Rip Hopkins - Riga, Lettonie - « Le cirque d’acrobates »
Les photographies de Rip Hopkins sur le cirque de Riga s’inscrivent dans la continuité du travail documentaire qu’il mène aujourd’hui, notamment en Asie centrale. Il manifeste sa sensibilité à l’égard des couleurs, des matières et de tous les éléments qui composent un décor : celui dans lequel vivent et travaillent les gens auxquels il a choisi de s’intéresser.
Rip Hopkins est né à Sheffield, en 1972. Diplômé en 1996 de l’École nationale supérieure de création industrielle à Paris, où il vit aujourd’hui, il s’engage parallèlement au design dans une activité de photographe. Il mène un travail au Sud-Soudan qui sera publié par les éditions Filigranes en 1997. Cette même année, il reçoit du Centre national de l’audiovisuel du Luxembourg l’aide de Mosaïque pour un projet sur les gitans en Europe. Il travaille sur ce thème en Roumanie, où il tourne également un film documentaire. En 2000, il est lauréat de la Fondation Hachette pour un projet sur le Tadjikistan. La Fondation CCF pour la Photographie lui permet en 2002 d’éditer et d’exposer ce travail. Il continue de s’intéresser à l’Asie Centrale puisqu’ il prépare aujourd’hui un livre et une exposition sur l’Ouzbekistan. Il est membre de l’agence Vu depuis 1996.
• Stéphane Lagoutte - Vilnius, Lituanie - « Un air du Nord »
Que Stéphane Lagoutte croise ou non leur regard, les personnages qu’il photographie ne changent en rien leur façon d’être, leur concentration ou leur air mélancolique. Qu’il s’en approche, les observe à travers une vitre ou bien de loin, le photographe restitue des moments justes, simples, de la vie d’une communauté du nord et nous la rend très attachante.
Né en 1973, Stéphane Lagoutte est photographe indépendant. Il publie son travail dans la presse magazine et quotidienne (L’Équipe Magazine, l’édition française de National Geographic, L’Express, Epok, Animan, Libération...). Depuis quatre ans, il travaille régulièrement avec la journaliste Marie Bonnard, également indépendante. Ensemble, ils ont publié très récemment dans Le Monde 2 un reportage qu’ils avaient réalisé en 2002 sur la citadelle antique de Bam, en Iran, et qui vient d’être détruite par un tremblement de terre. Il a été lauréat de la Fondation Hachette en 2002, pour un travail de fond sur la rencontre des sociétés et cultures du Maghreb avec celles de l’Afrique Noire. En 2002 également, il montre au Festival Visa pour l’Image de Perpignan un reportage sur le logement des immigrés en Île-de-France.
• Lucille Reyboz - Ljubjlana, Slovénie - « Avoir 20 ans à Ljubjlana »
En arrivant à Ljubjlana, Lucille Reyboz manifeste très vite sa curiosité à l’égard d’une jeunesse qui évolue dans les milieux artistiques alternatifs, autour d’ateliers implantés au coeur de la capitale. Elle découvre une véritable ville dans la ville, une société qui s’est marginalisée, un comportement et une culture de toute évidence contestataires, relativement au reste de la population qui demeure très sage.
Lucille Reyboz est née en 1973. Elle étudie entre autres l’histoire de l’art à l’université de Toulouse. Après avoir obtenu un C.A.P. de photographie en 1997, elle complète sa formation en travaillant comme assistante de photographes. Elle expose dès 1996 un reportage sur le Sénégal et va continuer de s’intéresser au continent africain à travers différents sujets, parmi lesquels les architectures traditionnelles du Togo et du Burkina Faso.
L’autre région du monde qui l’attire est le Japon, où elle séjourne en 2002 : elle a été lauréate de la Fondation Hachette en 2001, pour y mener un travail sur l’habitat traditionnel et l’expression de cultes religieux liés à la nature. Aujourd’hui, elle évolue également dans le monde du jazz : elle signe des pochettes de disques, entre autres pour les labels Verve et Blue Note. Parallèlement, elle collabore à plusieurs magazines français.
• Frédéric Sautereau - Varsovie, Pologne - « Face à face »
Frédéric Sautereau a choisi d’établir une rencontre visuelle entre les gens de Varsovie - celles et ceux qui y vivent, y travaillent, ou simplement traversent la ville - et leur environnement. Rencontre soulignée, systématisée par le dispositif du diptyque : portrait en situation d’un côté et paysage urbain de l’autre. Ce travail documentaire est comme l’esquisse d’un grand inventaire social et architectural à venir.
Frédéric Sautereau est né en 1973. Membre du collectif L’Oeil Public, il est photographe depuis 1995. Il partage son temps entre des commandes pour la presse et un travail personnel dans lequel il exprime son intérêt pour les questions de frontière, de division du territoire. C’est ainsi que de 1997 à 2000, il a opéré dans des villes telles que Belfast, Nicosie, Jérusalem, Mostar ou Mitrovica. Les images qu’il réalise sont exposées au festival Visa pour l’Image de Perpignan en 2001 et circulent dans les galeries de la Fnac. En 2002, il publie un ouvrage intitulé « Des murs et des vies », aux éditions Le Petit Camarguais, et il est lauréat de la Fondation Hachette pour un projet sur les frontières orientales de l’Europe qui va l’occuper jusqu’en 2003. Son travail sur le mur érigé entre Israël et la Cisjordanie est consacré par le Prix Fuji en 2003.
Gabriel Bauret

Du 15 Mai au 15 Juin
Rue Léon Blum - Noeux-les-Mines. Ouvert tous les jours de 10h à 18h30
Vernissage : 4 Juin – 18H00
« Je vécus une enfance marquée par les ruines … »
Bogdan Konopka est né, il y a maintenant un peu plus de 50 ans, en Pologne, où il a exercé les métiers de photochimiste, photojournaliste, photo galeriste, photographe. Ses premiers travaux ont porté sur Wroclaw, une ville délaissée par la reconstruction et détruite à 70%. Arrivé en France en 1989, il s’est installé définitivement pour vivre et travailler à Paris en 1994. C’est à cette date que nous nous sommes rencontrés. Depuis, ses images un peu à contre courant des modes ou des tendances, des petits formats 10x12,5cm ou 20x25cm , qui plus est noir et blanc, se sont rapidement imposées et figurent dans les collections les plus importantes.
« Pénétrer dans la chair de la ville… »
Issu de la fusion de l’établissement public du Grand Louvre et de la mission interministérielle des grands travaux, l’EMOC, placé sous la tutelle du ministère de la Culture, a pour mission d’assurer la maîtrise d’ouvrages de construction ou de réhabilitation d’immeubles appartenant à l’Etat et présentant un caractère culturel ou éducatif. C’est ainsi que l’EMOC gère une vingtaine de chantiers parmi lesquels ceux du Grand Palais, du théâtre de l’Odéon, du Musée de l’Orangerie ou de l’amphithéâtre Verniquet du Muséum d’histoire naturelle. Afin de donner une vision de l’ensemble de ces projets, Bogdan Konopka a été invité par l’EMOC à proposer sa vision de l’intérieur de chaque bâtiment.
« La photographie n’est pas une idée ou un concept : c’est un métier qui exige de réaliser cette idée parfaitement… »
Pour ce travail , qui s’inscrit dans la continuité de sa recherche sur le devenir des villes et plus particulièrement de Paris, Bogdan Konopka a principalement utilisé une chambre 20 x 25 cm, un matériel lourd et encombrant qui conditionne déjà l’attitude de l’artiste. Ses tirages, noir et blanc, ont été effectués, comme toujours, par contact. Il n’y ni flou, ni grain dans ses images et tout leur rendu se fait à travers cette gamme de gris si caractéristique et dont il sait parfaitement maîtriser la fabrication. Voir Paris, et Paris en gris, n’est pas une évidence, c’est un travail d’interprétation, qui montre une fois de plus que la photographie n’est pas la vérité et que le rapport qu’elle entretient avec la réalité nécessite un profond investissement de l’artiste.
« Je ramasse les images comme on ramasse des champignons »
Cette nouvelle page de l’histoire de Paris que Bogdan Konopka nous offre s’inscrit dans une perspective patrimoniale. Si le photographe aime à capter des moments fragiles, recueillir ce qui pèle dans ce qu’il nomme lui-même la « peau des villes », il nous présente ici des images qui tout à la fois prennent en charge le temps qui passe mais témoignent également de mutations profondes et importantes. Elles viennent précieusement accompagner la mémoire et dire l’éternel destin des villes à se renouveler et à inscrire au quotidien leur histoire.
Françoise Paviot

10. Waldemar Sliwczynski – « Croix Panoramique » - Parc de l’Hôtel de Ville - Croix
Du 15 Mai au 15 Juin
187 r Jean Jaurès - Croix. Ouvert tous les jours de 8h à 19h30
Vernissage : 19 Mai – 18H30
Durant 10 jours en mars 2004, le photographe polonais Waldemar Sliwczynski, originaire de Wrzesnia et rédacteur en chef du magazine spécialisé Photografia, a posé son regard sur la ville de Croix.
Saisir l’essence patrimoniale d’une ville chargée d’histoire et de vie, tel était l’objectif de ce photographe de talent, dans le cadre d’une commande qui lui a été confiée par les Transphotographiques, en partenariat avec la Ville de Croix.
Ce travail entre dans le cadre de la saison polonaise en France, « Nowa Polska » et coïncide avec l’entrée de la Pologne dans l’Union Européenne. L’œil rivé à son appareil panoramique « Noblex », Waldemar Sliwczynski s’est fait le digne représentant de cette double actualité politique et culturelle. Cette exposition constitue en quelque sorte une résonance de l’exposition de Frédéric Sautereau à l’Hôtel de Ville de Lille simultanément, qui présente le regard d’un photographe français sur Varsovie et ses habitants.
C’est dans le parc de l’Hôtel de Ville de Croix, en extérieur, que sera présenté le travail photographique de Waldemar Sliwczynski. L’exposition de ses formats panoramiques nous invite à déambuler dans le jardin de la mairie, nous menant jusqu’au kiosque offert à la municipalité par un acteur essentiel du développement de la ville au XIXème siècle, l’industriel Isaac Holden.
Clin d’œil photographique et complice, ou vision photographique d’un nouveau citoyen européen sur le patrimoine croisien …




