Ile du Frioul ( Marseille) (13)
du jeudi 28 juillet 2005 au dimanche 31 juillet 2005
Vingt ans. C’est l’âge du festival marseillais MIMI. L'Hôpital Caroline sur l’île du Frioul est en fête, du 28 au 31 juillet 2005.
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e métissage semble le maître-mot de l’esprit du festival. Le saxophoniste Raphaël Imbert originaire de la région et connu pour son lyrisme et spiritualité rencontre des musiciens venus de loin, jeudi 28 juillet : le saxophoniste Zim Ngqawana, "interroge musicalement l’héritage et la contemporanéité du jazz sud-africain" alors que le pianiste israélien Yaron Herman se rapproche de l’esprit de Raphaël Imbert par son un jeu virtuose et lyrique.
La soirée d’ouverture de cette 20e édition se poursuivra avec la prestation de quatre femmes originaires du Moyen-Orient et d’Europe Centrale. Programmation, accordéon et beaucoup de chants, annonce-t-on. La musique électro-acoustique de Soap Kills et les musiques traditionnelles tziganes des Chanteuses d'Europe centrale seront quelques unes des couleurs qui ressortiront de ce quatuor éphémère.
Le festival continuera encore trois soirs avec le slam marseillais de Vibrion, du jazz actualisé des Amants de Juliette ou encore du chant, de la danse et du piano pour la seule Meredith Monk.
Des sessions de travail et de formation sont encore prévues cette année avec la participation d’opérateurs culturels, de musiciens ou encore de journalistes. Le fruit de leur collaboration sera présenté pendant le festival. Productif ce festival !
Programme :
Jeudi 28 Juillet - NUIT DES VOISINS 21h - Hôpital Caroline-Iles du Frioul NEWTOPIA PROJECT
(Marseille, Israël, Afrique du Sud)
RAPHAEL IMBERT : saxophones, clarinette basse
ZIM NGQAWANA : saxophones, flûtes, percussions
YARON HERMAN : piano
STEPHAN CARACCI : vibraphone
SIMON TAILLEU : contrebasse
CEDRICK BEC : batterie
21h - Hôpital Caroline-Iles du Frioul
SOAP KILLS & LES CHANTEUSES D’EUROPE CENTRALE
(Liban, Hongrie, Pologne)
ZEID HAMDAN : programmation
YASMINE HAMDAN : voix
BEATA PALYA : chant
ANIA WITCZAK : accordéon, chant
> Concert de voyage : Raphaël Imbert Quintet janvier 2004
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Jeudi 28 juillet >> Nuit des voisins
NEWTOPIA PROJECT
(Marseille, Afrique du Sud, Israël)
Raphaël IMBERT : saxophones, clarinette basse
Zim NGQAWANA : saxophones, flûtes, percussions
Yaron HERMAN : piano
Stéphan CARACCI : vibraphone
Simon TAILLEU : contrebasse
Cédrick BEC : batterie
Cette création prend sa source dans la rencontre du saxophoniste Raphaël Imbert et du saxophoniste sud-africain Zim Ngqawana à l’issue d’un concert de Nine Spirits à Banlieues Bleues en 2004 : un regard convergent sur le sens et la place de la culture (en l’occurrence la Provence et l’Afrique du Sud) donne aux deux musiciens l’envie de travailler ensemble.
Raphaël Imbert est lauréat d’une bourse “Villa Médicis hors les murs” à New York, et l’initiateur de plusieurs formations telles Nine Spirits qu’il dirige depuis 1999. Il a composé pour le théâtre (Théâtre de l’Arc en terre, sous la direction de Massimo Schuster) et joué avec différents musiciens tels Antoine Hervé et Olivier Témimes. Ce musicien, volontiers investi dans une réflexion sur la place de l’artiste dans la “cité”, opte pour une esthétique résolument inscrite dans le lyrisme et la spiritualité.
C’est donc tout naturellement la richesse des rencontres, du dialogue qui a conduit le musicien à mettre en commun le sens autres musiciens de cultures différentes. Le jeune pianiste israélien Yaron Herman a débuté la musique à 16 ans sous la direction du maître Opher Brayer. Il est l’auteur d’un album sur le label Sketch, dans lequel il développe un jeu virtuose et lyrique. Zim Ngqawana, compagnon de route de Dollar Brand, interroge musicalement l’héritage et la contemporanéité du jazz sud-africain à travers un jeu personnel et passionné. La rythmique du groupe est assurée par de jeunes musiciens marseillais distingués par de nombreux prix. Quant au répertoire de cette création, savamment concocté en résidence, il offre un panorama synthétique sur l’identité complexe du jazz, un prisme multiculturel où l’identité de Marseille trouve son juste répondant.
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Innovation dans la programmation, les Rencontres s’ouvrent, se décloisonnent et investissent le quartier populaire de la Roquette pour des projections publiques. Cette déambulation menant d’hôtels particuliers en églises, de cloîtres en écoles, permet de faire le point sur une année d’évènements et de reportages photographiques. Comme le prouve la forte participation du public, et l’animation ambiante autour de cette initiative, cette Nuit est un succès. Riche idée que de faire découvrir, ou redécouvrir sur la place publique, la production photographique de l’année écoulée des agences (Vu, Rapho, AFP, Reuters, Magnum), collectifs (Tendance floue, World Press Photo), ou des représentants de la presse, aux préoccupations très différenciées (quotidiennes, people, culture, mode, sport, de Courrier International à Jalouse, en passant par Le monde 2 ou Sportweek).
La projection Things as they are, Photojournalism in context since 1955, dépasse même le simple récapitulatif, pour revenir sur 50 ans d’existence du World Press Photo. Son commentaire en direct permet d’échapper au simple spectacle en invitant à réfléchir sur l’évolution du photojournalisme et de sa presse, de son âge d’or à sa crise actuelle.
Cette nuit de l’année constitue réellement un succès, celui du photojournalisme, et rappelle l’intérêt général du public pour le témoignage photographique et le travail des photoreporters. Il y en a pour tous les goûts, et ici aussi guère de ligne directrice. Les reportages exceptionnels côtoient quelques compilations moins pertinentes, comme c’est le cas pour le parti pris de l’AFP de réaliser une sorte d’inventaire transversal des photos de baiser, dont le sens échappe quelque peu. Car sans le filtre d’un regard organisateur, le sens est volatile. Cette nouveauté n’est pas à remettre en question, étant donnée la chance qu’elle donne au plus grand nombre d’accéder au travail des photographes. Mais elle donne néanmoins parfois le sentiment d’assister à un succédané éclair de Visa pour l’Image. A quand « Les Nuits de l’année » durant toute la durée du festival ?
Aurélie Wehrlin


Au delà du physique, les codes sont aussi l’objet d’inventaire. Pablo Zuleta Zahr, (Ecole de Düsseldorf), fait le relevé chromatique des uniformes des passants d’une grande place de Santiago du Chili pour recomposer la réalité selon des harmonies colorées, qui parlent aussi de la fonction sociale. Jacqueline Hassink s’intéresse au codes décoratifs, en photographiant la salle de réunion et la salle à manger d’une trentaines de femmes occupant un poste de cadre dans un pays du monde arabe. Enfin, Christien Meindertsma catalogue les objets pouvant potentiellement porter préjudice à cette intégrité humaine, et les classe selon leur fonction et leur qualité chromatique.
La collection de William Hunt tient elle aussi de l’inventaire de photographies, chefs d’œuvre et anonymes, autour du critère de l’absence du regard.

La tendance à l’inventaire touche aussi l’environnement de l’homme : Gareth McConnell photographie les fleurs de nuit, dont la beauté est étouffée le jour par le chaos urbain, Fred Lebain recense les variétés de cactus, et les formes imaginaires qui en surgissent. John Divola fait le portrait systématique des chiens qui court à sa poursuite lors de ses voyages dans le désert, dressant un catalogue de l’agressivité, quand Jo Longhurst dresse celui de la docilité à travers ces portraits de whipets dans une attitude calibrée.
Cette tendance est peut être la traduction d’une volonté d’ordonner le monde, ou la perception que l’on en a, en établissant des phénomènes en systèmes, d’établir des systèmes permettant d’identifier ce qui nous est donné à voir. Ou au contraire l’ambition de ces photographes est-elle de dénoncer ces systèmes, qui limitent la liberté.

Un autre phénomène, moins prégnant, est toutefois remarquable dans cette sélection : la récurrence du thème de l’ubiquité. Présente, sous couvert de miracles religieux dans une photographie de Joan Fontcuberta, l’ubiquité est omniprésente dans les photographies de Mathieu Bernard-Reymond, et celles de Barry Frydlender. Travail sur le passage du temps, sur l’évolution de l’homme dans l’espace, où sur le basculement d’un espace serein dans le drame, pour Frydlender, le dédoublement de l’homme dans une même photo lui confère un caractère d’irréalité, tout en écrivant le temps qui s’écoule sur la surface de cette photographie.
Aurélie Wehrlin

Barry Frydlender
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Festival : Du mardi 05 juillet 2005 au dimanche 18 septembre 2005

Rencontres d'Arles
Maison des Rencontres d'Arles
10, rond-point des Arènes
BP 96
13632 Arles Cedex
France
Voir le programme du Festival :
Les Rencontres d'Arles 2005 Du 5 juillet au 18 septembre 2005
L’édition 2005, dense et variée, a été composée avec le soutien enthousiaste et généreux d’experts de différents pays. Des regroupements thématiques facilitent la lecture de ce programme volontairement éclectique : Les Prix, le Brésil, la Violence, l’Engagement, le Portrait, sont ainsi des lectures transversales parmi d’autres. Chaque photographe est exposé individuellement, une étroite collaboration avec les Rencontres permettant d’inscrire son exposition dans Arles.
Les Nominés des Prix, proposés par cinq personnalités internationales, sont cette année encore de qualité exceptionnelle. Pour la première fois chacun bénéficiera d’une exposition à part entière durant tout l’été. Les lauréats seront dorénavant désignés par l’ensemble de la profession présente à Arles la semaine d’ouverture.
Il est hélas impossible de citer tous les participants, mais je voudrais souligner les participations emblématiques de Miguel Rio Branco qui occupera tout l’espace de l’église des Frères Prêcheurs, de trois artistes israéliens engagés pour la tolérance : David Tartakover, Michal Heiman, Barry Frydlender, d’une participation massive de photographes des Pays-Bas décidément très en pointe : Jacqueline Hassink, Geert van Kesteren, Christien Meindertsma, Annet van der Voort, Maurice Scheltens.
« Sans regard » (« No Eyes ») est le thème paradoxal de la collection que W. M. Hunt rassemble depuis 30 ans. Cette première exposition mondiale présentera une sélection de 320 photographies. Ce sera l’occasion d’un éclairage particulier sur le phénomène de la collection à l’intention des futurs collectionneurs.
Un festival c’est aussi un média. C’est la raison pour laquelle il nous tient à cœur, avec François Barré, d’être en prise avec le monde tel qu’il évolue. Cela se traduit par des éléments plus politiques de la programmation (L’engagement de l’artiste, le Moyen-Orient, le lien social, le paraître à travers le portrait…).
Les festivaliers prennent le temps d’approfondir leurs connaissances et leur réflexion, c’est pourquoi le volet pédagogique et réflexif des Rencontres augmente en organisant ou en accueillant des colloques (4), des stages (22), des écoles (plus de 3 000 élèves vont visiter les expositions en septembre), un séminaire en direction des enseignants et des travailleurs sociaux.
Les espaces ont encore été améliorés afin de corriger la lumière et la circulation notamment. Le Parc des Ateliers connaît cette année une densité particulière avec 26 expositions, agrémenté de cafés, de la HyPegallery photo et d’une librairie.
La ville est largement associée aux Rencontres à travers la création de la Nuit de l’Année, grande fête populaire de l’image dans le quartier de la Roquette, mais aussi une exposition de portraits des Arlésiens, des photos dans les bus, la poursuite de nos activités de terrain, la participation active de la Place du Forum et d’une manière générale de nombreux commerçants et employés de la ville.
Découvrir avidement des photographes moins connus, remettre en cause les tendances, permettre d’échanger les points de vue, s’affirme comme notre mission. Les institutions des grandes villes consacrent un grand nombre de photographes reconnus, alors que chaque été Arles offre l’occasion de renouveler son regard. Une étude réalisée en 2004 révèle que les festivaliers apprécient cette diversité et ces découvertes.
Les Rencontres c’est une petite équipe très soudée, qui croit avant tout aux apports extérieurs, à la variété des regards. Elle trouve son plaisir lorsqu’un nom de photographe qui semble imprononçable par les visiteurs avant le festival leur devient familier à l’issue de l’été.
François Hébel
Directeur des Rencontres d’Arles









