Il a parcouru le monde, des glaciers du Groenland aux profondeurs sous-marines, pour réaliser de nombreux documentaires animaliers et d'expéditions scientifiques. Après avoir animé sur France 2 les émissions Nouveaux Mondes, Zone sauvage et Emmenez-moi (émission coproduite par le Routard), il présente actuellement Au-delà des dunes sur France 5. Cet homme de 43 ans, qui n'aime pas s'enfermer dans la routine, a conçu, avec deux copains, sa propre montgolfière pour filmer les endroits les plus inaccessibles de la planète. Nous avons saisi au vol ce drôle d’oiseau avant qu'il ne reparte pour de nouveaux horizons…
http://www.routard.com/mag_invite/id_inv/57/antoine_de_maximy.htm
Est-ce la réalisation qui vous a poussé sur les routes ?
Oui, complètement, puisque je n'avais jamais voyagé avant de faire ce métier. À 20 ans, je n'étais quasiment pas sorti de France. J'avais envie de faire le métier de réalisateur, mais je ne savais pas trop comment y arriver. Je me suis fait virer assez tôt du lycée. En fait, j'ai eu l'opportunité de m'engager dans l'Armée au service cinéma et j'ai sauté sur l'occasion. Je ne regrette vraiment pas, j'y ai fait des choses formidables et j'ai appris mon métier.
Où êtes-vous parti la première fois ?
Je voulais être ingénieur du son à l'époque. On m'a fait enregistrer un moteur de char sur un bout d'essai et comme cela c'est bien passé, je suis parti à Beyrouth et j'ai fait partie des Casques bleus pour filmer. Le documentaire était sur les forces françaises engagées dans le conflit. J'avais envie de voyager. Progressivement, je me suis rendu compte que la technique du son m'intéressait, mais que ce n'était pas une finalité pour moi. Ce qui me plaisait, c'était de partir et de vivre une aventure. Très rapidement, je me suis rendu compte que cette aventure était plus belle quand elle était plus loin, dans des pays inconnus.
Qu'est-ce qui vous a conduit à suivre des expéditions scientifiques (au Mexique, en Guyane, au Groenland, au Cameroun…) ?
En fait, j'ai d'abord essayé de partir en tournage sur des expéditions qui n'étaient pas scientifiques. Ensuite, j'ai travaillé pendant trois ans pour CBS News. Je suis retourné à Beyrouth, j'ai couvert la guerre Iran-Irak. À un moment, j'en ai eu assez de ne voir que des hôtels et d'être essentiellement dans les sphères diplomatiques. Je me suis rendu compte que j'avais passé plusieurs semaines dans un pays et que je n'avais vu que des hôtels et des ministères. J'ai eu envie de changer et me suis dirigé vers les expéditions scientifiques et les documentaires animaliers parce que c'étaient des domaines qui permettaient de voyager vraiment dans le pays. Ces expéditions vous emmènent souvent dans des endroits isolés, souvent les plus beaux et le travail donne l'occasion d'avoir des contacts avec les gens. Un tournage, c'est toujours une aventure.
Êtes-vous particulièrement attiré par les natures extrêmes ou est-ce un hasard ?
Je crois que c'est un peu des deux. Quand tu descends dans une cathédrale de glace de 200 m de hauteur au Groenland, et que tu es pendu à un fil au milieu, tu te dis que ce n'est pas un emplacement normal pour un homme. Là, il y a un côté formidable. Tu te dis que tu es l'un des rares à être allé là et tu en profites vraiment, même si ça peut être le dernier moment de ta vie
« Mon moteur, c'est le film. »
Quel a été le voyage qui vous a le plus marqué ?
J'en ai fait plein qui m'ont marqué, mais j'ai du mal à dire que j'ai préféré celui-ci à celui-là. J'ai plongé en sous-marin à 5 000 m dans le Nautile ainsi que dans un sous-marin nucléaire à 300 m pendant 24 heures. Je suis descendu dans des gouffres de glace, je suis allé quatre fois sur le radeau des cimes à Madagascar, cette immense plate-forme (500 m2) déposée sur la forêt par un dirigeable, je suis allé sur une expédition qui s'appelait « La civilisation perdue du Rio la Venta », où nous sommes partis à la recherche d'une civilisation disparue. Il y avait des grottes difficiles d'accès où nous avons trouvé des restes d'enfants sacrifiés. Ce sont des moments bouleversants.
Est-ce vous qui contactez les scientifiques ou faites-vous partie intégrante du projet ?
Il n'y a pas vraiment de règles. En général, on me propose des expéditions intéressantes, mais avant d'être connu, je cherchais un sujet qui me tenait à cœur et je me battais pour réussir à le monter en trouvant une production.
Vous ne vous êtes jamais senti prisonnier de la caméra ?
Non. En fait, quand je n'ai plus de pellicule ou plus de batteries dans ma caméra, là je me dis : « ça, c'est pour moi ». Cela me permet de ne pas être trop déçu d'avoir raté le plan. Mais quand je fais un documentaire, je suis complètement investi dedans, je veux qu'il soit bien, la fatigue physique passe après. Au cours d'une expédition, je me suis aperçu qu'avec ma caméra, je montais à 6 000 m d'altitude, sans caméra, je montais à 4 000, 5 000 m. Mon moteur, c'est le film....
Propos recueillis par Audrey Turpin
Mise en ligne le 3 avril 2002
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